RIO+20 Le sommet de la Terre 2012 est un echec

31 07 2012

Ola, amigas e amigos,

Il y a un moment déjà que je veux vous parler de ce grand évènement qui a eu lieu du 20 au 22 juin dernier à Rio de Janeiro, au Brésil. Je veux parler bien entendu du sommet de la terre RIO+20 (parceque c’est la seconde fois qu’il a lieu à Rio, et la première fois c’était il y a 20 ans). Cette Conférence décennale entre dirigeants mondiaux fut le 5ème Sommet de la Terre et s’inscrit dans la tradition onusienne des Sommets de la Terre. Preuve du développement d’une culture mondiale de respect des trois piliers du développement durable : le développement économique et social et la protection de l’environnement, les Sommets de la Terre présentent un enjeu symbolique important. Ils visent à démontrer la capacité collective à gérer les problèmes planétaires. Et crée beaucoup d’espoir chez les modetrotteuses et modetrotteurs du monde entier.

Il s’agissait du 5ème sommet, les quatre premiers rendez-vous ayant eu lieu à Stockholm  en 1972 (La Conférence des Nations unies sur l’environnement humain a placé pour la première fois les questions écologiques au rang des préoccupations internationales. Elle a donné naissance au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). A Nairobi en 1982 (Ce sommet ne débouche sur aucune décision concrète en raison des tensions Est-Ouest). A Rio de Janeiro en 1992 (Une centaine de chefs d’Etat et 1500 organisations non gouvernementales participent à la conférence. Sur la lancée du rapport Brundtland de 1987 qui pose les bases du concept de développement durable, le sommet lance l’Agenda 21, ou Action 21 un plan d’action pour le XXIe siècle. Il se traduit par l’adoption de trois conventions: le changement climatique; la protection de la biodiversité; et la lutte contre la désertification.) A Johannesburg en 2002 (Dans le monde, c’est la lutte contre le terrorisme qui domine. Le sommet de Rio est consacré au renouvellement de l’engagement en faveur du développement durable et au partenariat Nord-Sud. Un plan d’action définit des priorités: eau, énergie, productivité agricole, biodiversité et santé.)

Du coup, Cette année, la Fashion Week de Rio, avait été avancé de quelques semaines en raison du déroulement de Rio+20 et la mode avait  préparé le terrain par un engouement d’imprimés floraux, de fruits tropicaux, de pierres et d’allusions aquatiques qui se sont invités avec délice dans les collections d’été. Le thème de la nature a suscité l’inspiration dans les collections printemps/été 2013

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Cantao-Rio-2012 dans éco-sensibilisation

Les attentes de ce sommet sont évidemment plus vastes et importantes mais le ton fut donné et l’espoir fut grand. Peut-être vous souvenez-vous il y a 20 ans, lors du dernier sommet de la terre à Rio en 1992, d’une jeune fille de 12 ans, Severn Cullis-Suzuki, qui interpellait les dirigeants du monde entier sur la situation humanitaire et écologique de la planète. Elle leur avait lancé un défi « Faîtes que vos actions reflètent vos mots ». Qu’en est-il aujourd’hui en 2012? 

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Les dirigeants et décisionnaires de ce sommet savent qu’ils sont « en train d’emprunter la planète de nos enfants et petits-enfants » et pourtant le résultat de ces deux jours est loin d’être glorieux. Rude constat, vingt ans après l’emblématique Sommet de la Terre, qui, dans la même ville, avait posé les bases d’une politique de développement soucieuse de la préservation des ressources du globe.

En effet, à leur arrivée, les 130 chefs d’état et de gouvernements attendus ont trouver une déclaration déjà ficelée… ou presque. Le texte « Lavenir que nous voulons«  a été adopté le 19 juin, la veille de l’ouverture du sommet! Même si théoriquement, les dirigeants auraient pu s’en saisir, dans la pratique, les négociateurs se doutaient bien qu’ils ne réouvriraient pas le débat et ne toucheraient pas un texte si bien tourné. Et qui tourne oui, autour du pot. Les chefs d’etats ont donc pu tranquillement monter à la tribune et se féliciter d’un accord que la plupart des organisations non gouvernementales présentes à Rio considèrent comme très décevant. Kumi Naidoo, le directeur exécutif de Greenpeace International, parle d’un « échec retentissant »

En effet bien que la vision à long terme du rapport soit d’éradiquer la pauvreté, de réduire les inégalités et de faire une croissance inclusive, et la production et de consommation plus durable, tout en luttant contre le changement climatique et en respectant une série d’autres limites planétaires, le pays hôte, le Brésil, avait pour objectif de parvenir à un accord sans grande ambition… Et il l’a obtenu. Dans un contexte économique international très défavorable, cette déclaration, intitulée « L’avenir que nous voulons« , permettra seulement aux 193 Etats participants de réitérer certains de leurs engagements passés.

Les Etats-Unis sont plus préoccupés par leur élection présidentielle que par l’économie verte et la crise écologique. Le Canada partage cette attitude conservatrice. Il n’ y avait pas plus à attendre de la Chine et de l’Inde, qui ont été d’une remarquable discrétion. Quant aux pays du Sud, regroupés au sein du G77, ils ont bien tenté un coup de force, à la veille de la conférence, en exigeant des pays riches qu’ils s’engagent à mettre sur la table 30 milliards de dollars par an jusqu’en 2017 et 100 milliards au-delà pour financer de nouveaux programmes mais ce fut peine perdue. L’Europe, tétanisée par sa croissance en berne, s’est retrouvée isolée dans les négociations. Elle reprochait au texte un manque d’ambition sur les Objectifs du développement durable et la gouvernance mondiale, mais privée de son pouvoir d’influence, elle s’est montrée incapable de tirer vers le haut un texte final qui rabâche constats et engagements déjà anciens et ne formule pratiquement aucune proposition concrète nouvelle. Nada. 

Voici un extrait du rapport:

« Nous réaffirmons notre engagement à appliquer pleinement la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement, Action 21, le Programme relatif à la poursuite de la mise en oeuvre d’Action 21, le Plan de mise en oeuvre du Sommet mondial pour le développement durable (Plan de mise en oeuvre de Johannesburg) et le Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement (Programme d’action de la Barbade) et la Stratégie de Maurice pour la poursuite de la mise en oeuvre du Programme d’action pour le développement durable des petits États insulaires en développement. Nous réaffirmons également notre volonté de mettre en oeuvre intégralement le Programme d’action d’Istanbul en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2011-2020 (Programme d’action d’Istanbul), le Programme d’action d’Almaty : répondre aux besoins particuliers des pays en développement sans littoral et créer un nouveau cadre mondial pour la coopération en matière de transport en transit entre les pays en développement sans littoral et de transit, la Déclaration politique sur les besoins de développement de l’Afrique et le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique. Nous rappelons également les engagements résultant des documents issus des grandes conférences et réunions au sommet des Nations Unies dans les domaines économique, social et environnemental, y compris la Déclaration du Millénaire et le Document final du Sommet mondial de 2005, le Consensus de Monterrey issu de la Conférence internationale sur le financement du développement et la Déclaration de Doha sur le financement du développement, le document final de la Réunion plénière de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les objectifs du Millénaire pour le développement, le Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement ainsi que les principales mesures pour la poursuite de l’application du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement et la Déclaration et le Programme d’action de Beijing. »

Le bilan est donc cruel et les chefs d’Etat pourront d’autant mieux se laisser aller à un lâche soulagement que l’agenda international ne prévoit plus aucun rendez-vous en la matière. Ils ne sont donc pas près d’être à nouveau interpellés sur leur inaction.

Trois ans après l’échec retentissant du sommet de Copenhague sur le climat en 2009, c’est bien la planète qui est perdante dans cet accord a minima car le Brésil, en prenant, en tant que pays-hôte, la présidence de négociations menées jusqu’alors sous l’égide des Nations unies avait annoncé son intention d’obtenir un accord. Cette volonté qui avait surpris un certain nombre d’acteurs des négociations s’expliquerait par le désir de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, d’éviter à ses pairs une répétition de la conférence de Copenhague, où l’incapacité des négociateurs à trouver un accord dans les délais impartis avait obligé les chefs d’Etat et de gouvernement présents à négocier eux-mêmes les termes d’une déclaration d’intention…

L’association humanitaire Care parle ainsi d’un « trou noir » et critique « un manque d’ambition et une absence de substance ».

En comparaison avec le sentiment d’urgence diffusé par les nombreux experts présents à Rio, qui s’inquiètent des dangers qui menacent l’humanité si celle-ci ne parvient pas à adapter ses modes de production et de consommation à la raréfaction des ressources, combinée à la croissance démographique, les décisions concrètes qui ont émergés de ce sommet paraissent ridicules.

Quant au Collectif RIO+20 qui réunit à l’heure actuelle une trentaine d’organisations de la société civile française (des syndicats, des ONG de solidarité internationale et des ONG d’environnement) qui a la volonté de mobiliser et d’inscrire le plus grand nombre d’acteurs de la société civile dans une dynamique visant le changement et la transition vers un nouvel état du monde au XXIe siècle; il a fait part dans un communiqué de presse du 21 juin intitulé « nouvel échiquier mondial, vieilles recettes  » de  » propos [qui] restent incantatoires quand ils ne marquent pas un recul par rapport à l’existant ».

En plein no man’s land du developpement durable, moi aussi, ce que ces gens font me fait pleurer la nuit.


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